Le monde de Philippe Seutin vu par la presse

 
Peintre naïf et souriant
Philippe Seutin a illustré un agenda pour sa ville
Entretien Pierre Hermans (Le Soir, Mercredi 15 janvier 2003)
L'agenda namurois des manifestations 2003 s'ouvre sur les ravissantes compositions picturales de Philippe Seutin. L'occasion de rencontrer dans sa retraite de Daussoulx, ce peintre naïf de 54 ans né à Hensies, qui exploite sa licence en sciences pour vivre et s'adonne à son art pour être heureux.
La peinture, c'est récent pour vous ?
Je peins à l'huile depuis l'âge de 18 ans. J'ai toujours peint sans aucune publicité jusqu'à l'âge de 40 ans, époque où un amateur d'art m'a découvert fortuitement. A l'époque, j'avais détruit presque tout ce que j'avais fait.
Pourquoi peignez-vous ?
J'ai du mal à accepter le monde tel qu'on nous le présente et tel qu'on doit le vivre. Il est d'une morosité et d'une banalité ! J'ai besoin d'une échappatoire, face à un quotidien contraignant et rigoureux.
Votre formation ?
Autodidacte. La personne qui m'a découvert m'a conseillé de le rester : j'avais déjà ma patte. Egalement de rester naïf avec ma vision personnelle des choses. J'étais resté longtemps sans savoir ce qu'était un naïf sur le plan pictural. Puis je m'étais engagé dans le cubisme. Ma première exposition s'est tenue à Amay.
Vos oeuvres sont très colorées.
Elles le sont devenues. Jusqu'en 1989, mes oeuvres étaient quasiment monochromes. Le recours à la couleur, aux grands formats, à la restitution des coins du Namurois m'a été soufflé par d'autres exposants.
L'utilisation de laa couleur n'a pas été trop difficile ?
Mes artistes préférés sont ceux qui affichent ouvertement les couleurs comme Gauguin ou les Fauves en général.
Votre travail vous laisse assez de temps libre pour peindre ?
Oui, j'y consacre environ 10 heures par semaine. Ca m'a permis de participer à une trentaine d'expositions en Belgique et en France, dont une douzaine seul.
Vos sujets sont très variés, vos couleurs harmonieuses, mais on retrouve une constante dans vos tableaux.
Oui, une perpective turnante. Et puis, je veille à leur équilibre en les retournant dans tous les sens. On dit aussi que les personnages qui émaillent les scènes anecdotiques sont caractéristiques. Ainsi, je fais souvent allusion à Maigret dans mes compositions.
Comment la ville de Namur vous a-t-elle sollicité ?
Ma dernière exposition s'était tenue place du Marché aux Légumes , à Namur, mais la Ville m'a repéré grâce au site internet qu'une dame a créé pour moi.
Une consécration ?
Plutôt une reconnaissance.

(...) Marié, père de trois grands enfants, il est chimiste de profession. S'il peint, c'est pour gommer la grisaille et s'évader de ce boulot très contraignant. Résultat, ses peintures, qui voguent entre l'art naïf, l'art spontané ou la bédé, regorgent de couleurs et de fantaisie. Même lorsqu'elles s'inspirent de la réalité et mettent en scène des petites gens dans des situations loufoques ou parfois pénibles - Madame pipi près de son assiette, le commissaire lors d'un interrogatoire - ses toiles se maquillent de dérision et d'ironie. La scène du travail à la chaîne prêterait à sourire s'il n'y avait cette ouvrière recevant son C4 des mains du patron. La séquence du port aurait des allures de carte postale touristique si les dames aux formes généreuses et provocantes n'étaient des filles de joie guettant leur proie, m! arin de passage ou touriste égaré. Chroniques sociales et payasages imaginaires se côtoient dans l'oeuvre de ce peintre qui se définit lui même comme un homme 'pas très joyeux' mais volontiers taquin. (...)
SACCHI, Valérie., in : Namur Magazine, juin 2002. ->voir l article complet<-

(...) Dans ses scènes animées, on croise des piliers de bistrots et on brasse des souvenirs : vieux tramways, curés en soutane et marchandes de fleurs 'au panier'. (...)
NARDON, Anita

(...) Chaque tableau est en quelque sorte une histoire sans parole. Le titre, en général très bref, de l'oeuvre nous donne la clef de la porte par laquelle il nous invite à pénétrer. (...). Toutes ses compositions présentent cependant un sujet sans complications, voire intimiste. Les gens sont simples et même les compositions les plus élaborées nous ramènent au sentiment du quotidien. Beaucoup de toiles transposent ses scènes que nous ne vivrons plus jamais de la même façon.
ARTHUR, Guy

(...) Il y a dans son oeuvre certains sujets issus en droite ligne de la panoplie des gentils peintres de la semaine des sept dimanches - les scènes de marchés, les places de villages, les noces paysannes, les animaux de la ferme - mais on y trouve aussi, et surtout, toute une série de sujets et de personnages rarement abordés. (...) Il y a,par exemple, cet horloger des Marolles, dont la fenêtre s'ouvre sur le Palais de Justice de Bruxelles, dont aucune des horloges et pendules n'affichent la même heure ! Il y a encore ce rendez-vous de chasseurs qui traquent le gibier en autos blindées bardées de mitrailleuses et de radars. Ou ce petit port de pêche curieusement entouré de maisons bourgeoises de style Haussman...(...)Le regard que jette Philippe Seutin sur le monde est plein de malice et égratine parfois ses contemporains Ainsi, dans cette partie de cartes, les joueurs ont de parfaites g....... de piliers de bistrot ! Les redoutables chasseurs, armés jusqu'aux dents, ont des binettes de matamores mais ont dû s'y mettre à huit pour traquer un lièvre maigrichon... Ce petit port de pêche comporte tous les clichés des tableaux de marine : phare, mouettes, île, volcan, écluse, filets, paniers, vaisseau à voile...
ROEGIEST, Désiré., in : Je vais construire, mars 1999.

(...) Son monde, c'est celui qu'il voit autour de lui : la rentrée des moissons, les fêtes champêtres, le jardinage près des ponts de chemins de fer, la boulangerie qui fleure bon le pain frais ... (...)
MESPOUILLE, José., in : Vers l'Avenir, 16 septembre 1998.

(...) Les personnages de son petit univers poétique sont empruntés à la vie de tous les jours et s'illustrent dans des activités tout ordinaires : ils jouent au billard, ils attendent le métro, ils roulent à vélo, ils jouent au foot... Ou encore, ils sont les musiciensd'une fanfare qui boivent le coup, les clowns dresseurs de chiens d'un chapiteau dressé sur les berges d'un canal, les travailleurs des champs qui déjeunent sur l'herbe... (...)
ROEGIEST, Désiré., in : Norwest, n°102, mars 1997.

Les tableaux de philippe Seutin racontent chaque fois une histoire, une histoire proche des gens. En ce sens, si la peinture est naïve, elle est aussi sociale.
Le Ligueur, 12 février 1997.

(...) Ses images racontent chaque fois une histoire. Il faut s'y arrêter et admirer son sens des détails. (...)
La Meuse - La Lanterne, 4 décembre 1992.
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Vincent Louviaux,
29 oct. 2010 à 02:41
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